Étude de l’émergence et portage nasal du Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline en milieu Universitaire
Date
2026-06-02
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Université de Larbi Tébessi
Abstract
Le portage nasal de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) constitue un
enjeu majeur de santé publique en raison de son implication dans la dissémination des
bactéries multirésistantes. Cette étude a pour objectifs d’évaluer la prévalence du portage
nasal de SARM en milieu universitaire et de caractériser les profils de résistance des souches
isolées.
Au total, 58 prélèvements nasaux ont été réalisés auprès d’étudiants, d’enseignants et du
personnel administratif. Parmi eux, 53 prélèvements (91,4 %) se sont révélés positifs pour des
staphylocoques, tandis que 5 prélèvements (8,6 %) étaient négatifs, dont 2 provenant du
personnel administratif et 3 des enseignants. L’identification microbiologique des 53 isolats
staphylococciques a montré que 44 souches (83,0 %) étaient coagulase positives,
correspondant à Staphylococcus aureus, alors que 9 souches (17,0 %) étaient coagulase
négatives. Parmi les 44 souches de S. aureus identifiées, 34 (77,3 %) ont été caractérisées
comme résistantes à la méthicilline (SARM). La répartition des souches SARM selon les
catégories de participants a révélé que 17 souches (50,0 %) provenaient des étudiants, 12
souches (35,3 %) du personnel administratif et 5 souches (14,7 %) des enseignants. La
prévalence la plus élevée du SARM a été observée chez les étudiants (50 % des isolats), suivis
du personnel administratif (35,3 %) et des enseignants (14,7 %).
L’étude de la sensibilité aux antibiotiques a révélé une résistance totale aux β-lactamines,
notamment à la pénicilline et à la céfoxitine, confirmant le phénotype SARM. Des niveaux
variables de sensibilité ont été observés vis-à-vis des aminosides, macrolides et cyclines. Par
ailleurs, une résistance hétérogène à la méthicilline a été détectée chez 11 souches,
caractérisée par la présence de sous-populations bactériennes présentant différents niveaux de
résistance.
L’évaluation de la sensibilité à la vancomycine par screening puis CMI a montré une
diminution globale de sensibilité, mais les souches des enseignants et du personnel
administratif sont restées sensibles, contrairement à plusieurs souches d’étudiants présentant
une résistance.
Ces résultats soulignent l’importance du milieu universitaire comme réservoir potentiel de
souches de SARM et mettent en évidence la nécessité d’une surveillance microbiologique
régulière, d’un usage rationnel des antibiotiques et du renforcement des mesures d’hygiène
afin de limiter la propagation de l’antibiorésistance au sein de la communauté universitaire.
Description
Keywords
Staphylococcus aureus, SARM, portage nasal, antibiorésistance, vancomycine, CMI, milieu universitaire.